L’USINE DE RIEN // tournée au Paris

Outre le point culminant du film en comédie musicale, il y a également une séquence marquante qui se déroule lors d’un concert punk. En quoi cette musique est-elle pour vous importante dans le processus créatif du film ?

Le punk est la musique de ma génération, à la fin de mon adolescence j’étais dans le milieu punk, partout, j’allais aux concerts et je vivais dans des squats. Et puis lorsqu’on était en train d’écrire le film, nous sommes, par hasard, allés à un concert de The Fall, groupe mythique, post punk. Il n’y avait que des vieux, c’est-à-dire des gens de mon âge (Plus ou moins 40 ans NDLR). Et l’on a trouvé ça très beau, car quelque part ça appartient à une génération : la guitare électrique, le bruit. La nôtre. Et donc on a voulu garder ça dans le film. Après on a voulu faire un film musical, sans pour autant être toujours une comédie musicale. Même si cela arrive, on ne voulait pas qu’ils se mettent toujours à chanter. Alors on a décidé de faire de Zé, un chanteur de groupe punk. Cela permettait de fusionner la réalité ouvrière à notre propre réalité. On avait trouvé un champ commun. Le personnage de Zé est un jeune ouvrier de la banlieue, qui est chanteur et à un groupe punk. C’est mon univers, qui s’entrelace avec l’univers ouvrier. C’est le groupe d’un ami que l’on voit dans le film. (*)

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Quand on a commencé à penser et filmer les rapports de force entre le capitalisme et le monde qui s’est mis en place après la fin de ce processus révolutionnaire, on a invité des personnes de cette génération, des amis de mes parents, à discuter de l’actualisation possible de cette période révolutionnaire. L’acteur qui joue le père de Zéa, d’ailleurs, lui-même participé au processus révolutionnaire et avait enterré des armes à feu…

Mais cet héritage, à l’image de l’attitude de Zé, demeure ambigu ?

Cette ambiguïté, qui traverse beaucoup de moments du film, est importante pour moi. La révolution et la lutte armée sont-elles anachroniques ou nécessaires ? Bien sûr que le système capitaliste impose à beaucoup de gens un rapport violent, abusif, voire colonial. Pour autant, est-il possible, aujourd’hui, d’envisager une révolution ? Quelles armes, métaphoriques ou réelles, faut-il employer pour résister ? Je n’ai pas de réponse définitive à cela. Mais j’ai compris quelque chose pendant le montage que je n’avais pas compris pendant l’écriture du scénario. Juste après cette scène où l’on parle des armes se situe, dans le film, la scène du concert punk. C’est en faisant ce choix de montage que j’ai compris que les guitares électriques punk pouvaient constituer une partie de la réponse de ma génération aux questions que se posaient déjà nos parents, mais auxquelles ils ont répondu différemment. (*)

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